![]() |
|
|||||||
![]() |
||||||||
![]() |
||||||||
|
Outils et activités pédagogiques Les manuels d'initiation à la
|
En septembre 1939, une nouvelle méthode d'apprentissage de la lecture est introduite dans les écoles élémentaires de l'Ontario français. L'introduction du manuel d'initiation à la lecture Frou-Frou et Fin-Fin marque le début de l'utilisation de la méthode globale dans les écoles franco-ontariennes. Les enfants profitent de ce nouveau livre conçu et rédigé par le directeur de l'enseignement du français en Ontario, Robert Gauthier. En mars 1939, Gauthier présente son manuel aux célèbres jumelles Dionne. À leur rentrée scolaire en première année, elles apprennent à lire leurs premiers mots, semble-t-il avec beaucoup d'enthousiasme, grâce à ce manuel. En fait, toute une génération de Franco-Ontariens apprendront à lire à l'aide de Frou-Frou et Fin-Fin. Cependant, le livre et sa méthode provoquent un mouvement d'opposition du clergé. Voulant introduire Frou-Frou et Fin-Fin dans les écoles françaises du Québec, la maison d'édition Ginn and Compagny soumet le manuel, en avril 1940, pour approbation par le Comité catholique du Conseil de l'instruction publique du Québec. Or, la Commission des programmes et des manuels du Comité catholique juge inopportun d'introduire le manuel dans les écoles québécoises car il utilise une méthode pédagogique qui n'a pas encore fait ses preuves. De son côté, Robert Gauthier est convaincu que la méthode n'est pas trop « moderne » car elle est utilisée par le ministère de l'Éducation de la Belgique. Tenant à percer le marché franco-québécois, Norman Ingram, le directeur de Ginn & Compagnie, entreprend une campagne d'information sur le manuel et la méthode globale auprès des membres du Comité catholique. Lors de sa session du 7 mai 1940, la Commission des programmes et des manuels, sous proposition du sénateur Jules Prévost, change son verdict et recommande l'approbation de Frou-Frou et Fin-Fin. Cependant, à sa réunion du 8 mai 1940, le Comité catholique rejette cette recommandation suite à l'intervention du Cardinal Rodrigue Villeneuve, archevêque de Québec, et de Mgr Alexandre Vachon, archevêque d'Ottawa, qui considèrent que le manuel a de sérieuses lacunes. Ainsi, Frou-Frou et Fin-Fin ne sera utilisé qu'en Ontario. Le manuel obtient néanmoins l'appui de nombreux enseignants et enseignantes franco-ontariens, dont soeur Myriam, membre de la congrégation des Soeurs Grises de la Croix. Utilisé pendant les trois ou quatre premiers mois d'école, Frou-Frou et Fin-Fin est une histoire suivie qui amène l'enfant à découvrir la lecture grâce à des exercices qui stimulent son intérêt. Le vocabulaire est facile et familier à l'enfant. Les illustrations sont importantes car elles contribuent à faire converser l'enfant. Les premières leçons sont d'ailleurs consacrées exclusivement à la conversation. L'enseignant fait d'abord étudier l'image, puis pose des questions à l'enfant afin de l'amener à trouver ce qu'il doit lire. Ainsi, l'enfant apprend à lire des mots de façon naturelle. Dans les trois dernières parties du livre, l'élève apprend aussi à comparer les mots. L'enseignant écrit alors, en couleur, la lettre ou les syllabes à l'étude pour les faire reconnaître isolément. Ces leçons d'analyse phonétique sont alors appuyées par un travail de syllabation. |
|||||||
|
|
||||||||
|
||||||||
|
|
||||||||
|
Commentaires ou questions ? crccf@uottawa.ca © Université d'Ottawa. |
||||||||