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Les revendications et les luttes scolaires La résistance dans les
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La première école libre établie pour résister au Règlement XVII apparaît à Green Valley, petit village à majorité canadienne-française du comté de Glengarry, dans le diocèse d'Alexandria. L'école séparée de Green Valley est alors fréquentée par 41 élèves francophones et 18 élèves anglophones. En 1914, la commission scolaire décide d'embaucher Léontine Sénécal pour qu'elle enseigne en français. Cependant, un contribuable anglophone décide de poursuivre en justice deux commissaires francophones. Le plaignant soutient que l'enseignante a été embauchée illégalement et souligne qu'elle n'a pas de brevet de 2e classe et, surtout, qu'elle enseigne le français. Un bref d'injonction interdit aux commissaires d'embaucher une enseignante bilingue. Néanmoins, les commissaires francophones embauchent une nouvelle enseignante bilingue pour l'école séparée de Green Valley. Il s'agit de Florence Quesnel. En janvier 1916, les commissaires Médéric Poirier et Jean Ménard sont reconnus coupables d'avoir versé un salaire à Florence Quesnel pour enseigner le français. En protestation contre le Règlement XVII, les deux commissaires préfèrent faire de la prison au lieu de payer l'amende. L'affaire révolte les parents francophones qui décident d'établir une école libre, l'école du Sacré-Coeur. Au début des années 1920, les contribuables francophones ne réussissent toujours pas à obtenir la collaboration des catholiques anglophones. De plus, des inspecteurs anglophones sont déterminés à éliminer l'enseignement du français des écoles de la région. En août 1921, Florence Quesnel écrit à l'ACFEO afin de savoir si l'école séparée no 8 de Lochiel est une école bilingue. C'est que le secrétaire francophone de la commission des écoles séparées songe à embaucher Christine Quesnel, la soeur de Florence. Or, les membres anglophones de la commission et les inspecteurs d'écoles de la région estiment que l'école n'est pas bilingue et tentent d'empêcher qu'on y enseigne le français. La question est importante car elle peut avoir des répercussions sur l'ensemble des écoles séparées fréquentées par les Franco-Ontariens. En effet, le statut d'école séparée ne semble offrir aucune protection pour le droit à l'enseignement en français. En juillet 1921, Christine Quesnel demande à l'inspecteur J. E. Jones si son diplôme de 3e classe d'une école modèle bilingue lui permet de prendre la direction de l'école no 8 de Lochiel. L'inspecteur Jones lui répond que son diplôme ne donne droit à une certification que pour les écoles bilingues. Or, selon lui, l'école no 8 de Lochiel est une école séparée qui n'a pas de statut bilingue. Suite à cette réponse inquiétante, Christine Quesnel refuse d'enseigner à l'école no 8 de Lochiel car elle craint que son inexpérience soit exploitée par l'inspecteur anglophone qui pourrait ainsi empêcher tout enseignement du français à cette école. Bref, seule l'école libre du Sacré-Coeur peut assurer un enseignement français dans cette section scolaire. Financée par les parents francophones de Green Valley et par l'ACFEO, l'école libre de Green Valley existera jusqu'à ce que la commission des écoles séparées accepte d'établir des classes bilingues, quelques années après la résolution du Règlement XVII en 1927. |
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