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Les revendications et les luttes scolaires
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L'appui des « frères » du Québec Dès la promulgation du Règlement XVII par le gouvernement ontarien en 1912, le Québec se joint à l'Ontario français et appui le mouvement de résistance dirigé par l'Association canadienne-française d'éducation d'Ontario. Cependant, avec l'entrée du Canada dans la Première Guerre mondiale (1914-1918), la crise scolaire ontarienne menace d'ébranler la Confédération canadienne. À la suite de Henri Bourassa, les principaux leaders nationalistes du Québec croient que les droits scolaires des Canadiens français de l'Ontario français sont brimés. Bourassa trouve intolérable que le gouvernement canadien demande aux Canadiens français d'aller combattre pour la liberté et la démocratie en Europe alors que les « boches » de l'Ontario s'attaquent aux droits des Canadiens français en Ontario. Plusieurs journaux québécois soutiennent la cause des Franco-Ontariens, dont Le Devoir de Montréal, L'Action Sociale et Le Soleil de Québec. L'appui du Québec prend plusieurs formes. Dès 1914, un front commun des évêques et du gouvernement québécois met sur pied la campagne du « sou français » pour soutenir la cause franco-ontarienne devant les tribunaux. Le diocèse de Sherbrooke recueille la plus grosse somme pour une quête spéciale pour les frères « blessés de l'Ontario. » Le Premier ministre du Québec, Lomer Gouin, demande à la population ontarienne de faire preuve de la même générosité envers sa minorité francophone que le Québec accorde à sa minorité anglophone. L'Association catholique de la jeunesse canadienne-française (ACJC) et les nationalistes Armand Lavergne et Olivar Asselin appuient la cause franco-ontarienne. Au printemps de 1916, alors que la résistance des écoles franco-ontariennes est à son point le plus critique, le sénateur Philippe Landry se déplace dans tous les diocèses du Québec pour plaider la cause des Franco-Ontariens. Une requête signée par plus de 600 000 citoyens québécois exige l'annulation du Règlement XVII. Plusieurs municipalités québécoises organisent des levées de fonds pour soutenir les écoles franco-ontariennes. Dans les collèges classiques, les étudiants renoncent à leurs prix de fin d'année pour que l'argent soit envoyé dans les écoles franco-ontariennes. De leur côté, les élèves des écoles élémentaires québécoises soutiennent la cause grâce au « sou de l'écolier ». Durant les années 1920, l'appui inconditionnel du Québec à la cause franco-ontarienne contribue à mettre une pression sur le gouvernement ontarien pour que le Règlement XVII soit aboli. Des marchands et des industriels québécois refusent d'acheter les produits ontariens tant que le Règlement XVII sera appliqué. Ce geste amène plusieurs industriels importants de l'Ontario à exiger un règlement de la question scolaire auprès de leur gouvernement provincial. Enfin, la résistance des écoles franco-ontariennes au Règlement XVII pénètre la conscience collective des Québécois. En 1918, Joseph-Gérin Gélinas présente une causerie sur « Les petits héros d'Ontario » aux enfants du Québec. Ce texte sera largement diffusé et connaîtra plusieurs éditions, dont une édition en braille. En 1922, sous le pseudonyme Alonié de Lestres, le chanoine Lionel Groulx publie L'appel de la race, roman situé dans le contexte du Règlement XVII. Dans L'enseignement français au Canada (1931), l'abbé Groulx consacre certaines de ses plus belles pages à la résistance franco-ontarienne pendant la crise du Règlement XVII dans le deuxième volume consacré aux écoles des minorités. |
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